Storytelling au temps du cinéma muet : hommage de son vivant à Diana Serra Cary

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Le petit chaperon rouge, 1922 (photo : domaine public)

Shirley Temple-Black nous a quittés le 10 février 2014. Son nom restera gravé comme celui d’une petite fille qui débuta une carrière fulgurante en attendrissant l’Amérique des années 30 qui avait bien besoin de rêver après le krach de 1929.

Les petits Américains d’aujourd’hui connaissent cette idole précoce au travers de ses films musicaux qui continuent toujours de passer en boucle à la télévision. Quand j’étais petite, j’en avais entendu parler par ma mère puisque c’était davantage de son époque.

Et puis en 1977, les Américains (toujours eux) produisirent une comédie musicale intitulée Annie, l’histoire d’une petite orpheline rousse et espiègle, dont le marketing utilisé ne fut pas sans rappeler celui mis en place autour du « produit » Shirley Temple.
Annie fut même adapté au cinéma en 1982, un film de John Huston s’il vous plaît. Je me souviens très bien de l’affiche ! Mais l’actrice principale, Aileen Quinn, n’alla pas plus loin au cinéma, comme des centaines d’autres enfants avant elle.

Si je parle de « Annie », c’est parce que, incroyable mais vrai, un remake de la comédie musicale est actuellement en tournage… avec Cameron Diaz dans le rôle de la directrice de l’orphelinat !! Une version moins rose bonbon, plus adaptée à l’époque. Le magazine Première en dit plus.

Shirley Temple, elle, est arrivée au bon moment et en plein essor du cinéma avec ses méga productions en technicolor. Mais combien d’autres « enfants stars » passèrent comme une étoile filante ?

Baby Peggy est toujours en vie !

Par ce billet, je souhaite profiter du fait qu’elle soit toujours vivante pour parler d’une petite fille qui a débuté bien avant Miss Temple, dès le début des années 20, et que l’on a merchandisé sous le nom de « Baby Peggy ». je veux parler bien sûr de Diana Serra Cary (née Peggy-Jean Montgomery).

Il faut se rappeler que l’industrie du cinéma a démarré par le cinéma muet appelé silent films. Cette période dura environ trente ans – à cheval entre la fin du 19e siècle et le début du 20e – et vit passer les premiers acteurs de cinéma.
Inutile de dire que la musique y tenait un rôle majeur.

Or, il y avait aussi des acteurs en culottes courtes… Il faut savoir que dès l’apparition du cinéma, notamment aux États-Unis, la plupart des films produits étaient le plus souvent des adaptations de livres qui avaient bien marché, le public des juniors étant très convoité.
Pour exemple, Le Petit Chaperon Rouge (Little Red Reading Hood) avec dans le rôle principal une certaine Baby Peggy.

À l’arrivée du parlant, plus du quart des acteurs fétiches du « muet » prit le chemin des oubliettes. Bon nombre d’entre eux étant en réalité incapables de jouer autrement qu’en mimant. Habitués à une forme de tournage, certains eurent en effet beaucoup de mal à s’adapter à l’évolution technique du son. La plupart du temps, c’est justement le son de leur voix qui s’avérait catastrophique. Difficile de l’imaginer, mais cette petite « révolution » emporta sur son passage de nombreux parcours artistiques mort-nés. Le seul acteur très connu qui continua dans ce registre, et avec quel talent, fut Charlin Chaplin (le duo Laurel et Hardy également). D’autres dont on découvrit la voix devinrent des icônes, comme Greta Garbo.

Concernant Diana Serra Cary, cette actrice qui marqua cette époque de l’entre-deux-guerres, était à mon avis beaucoup plus fondante et rigolote que Shirley Temple (imho). Elle fut même surnommée « Million Dollars Baby » en raison de son succès commercial. Une star de l’époque.

Devenue auteur de livres, Miss Serra Cary se trouve être aujourd’hui la dernière figure vivante des débuts de l’histoire de l’industrie cinématographique ! Or, figurez-vous que j’ai découvert qu’elle n’avait pas d’étoile sur Hollywood Walk of Fame… alors que l’Académie des Oscar la reconnaît… Et que pas plus tard qu’en 2013, un petit groupe de professionnels du cinéma s’est mis en quête de lancer une campagne de crowdfunding « Une étoile pour Baby Peggy« , dans le but de rendre à César…

Mais la communication autour de cette sympathique démarche n’a pas été à la hauteur… Manque de stratégie ? En tout cas, impact quasi nul. Peut-être la somme demandée sur la plate-forme de crowdfunding Indiegogo était-elle également disproportionnée ?

Il y a sûrement une manière plus percutante de toucher un public de cinéphiles. Comme le suggère l’un des commentaires sur le site dédié à ce projet, pourquoi ne pas en parler directement à des émissions qui font le buzz ? L’équipe d’Ellen Degeneres serait en effet bien inspirée d’avoir le privilège de recevoir sur son plateau une enfant star des années 20… qui va sur ses 97 printemps.
Incontestablement la mieux placée pour raconter son histoire ! Isn’t it?

+Anne Ropion

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